Réceptacle

Elle vit dans son monde, tu lui parles mais elle n’est qu’à moitié là. Si ouverte et à la fois si inaccessible…

Elle vit dans ses pensées, elle s’invente des amours de passage, des gens à qui tout raconter depuis le début. Une sorte de tabula rasa amoureuse.

Elle tombe amoureuse comme d’autres décident de partir en voyage, elle prépare son baluchon d’histoires, ses yeux suppliants, ses histoires les plus palpitantes et hop elle saute dans l’avion-le voyage peut durer longtemps, mieux vaut être bien préparé.

Ce déchirement, cette bataille intérieure l’aide à se lever le matin, l’aide à avancer. Keep walking.

Dans ces moments-là, impossible de trouver le calme. Une vraie tempête intérieure la traverse, la bouleverse, la fait parler toute seule et délirer sur des scénarios improbables. Une feuille emportée par un tourbillon.

Toutes les chansons ne parlent que d’elle, les paroles la transportent. There is no “like” with her, only love. Elle veut juste être laissée en paix, pour pouvoir penser à cet amant singulier, éphémère, platonique.

Elle n’est pas vraiment là. Je le sais car elle devient incroyablement légère. Sa tête dans le creux de mon épaule ne pèse plus rien, derrière ses yeux, un aquarium de verre, inaccessible. Elle sourit à son rêve intérieur, veut absolument comprendre toutes les paroles de chansons, absent-minded.

Heureuse, mais pas avec moi. Elle me reviendra, je le sais, ce n’est pas la première fois. Ces crises, tels des spasmes, lui passent. Un jour, je le retrouverai comme avant, de retour d’un long voyage au pays où l’amour fait mal, où les livres et sa petite tête de linotte l’ont portée.

Insensible à mes caresses, à ma présence, il me faudra attendre le réveil de la belle au bois rêvant.

Elle rêve d’un état d’urgence, un état de grâce, une situation inattendue, impensable, déraisonnée, exceptionnelle. Elle se voit à Paris, Berlin, Londres, prendre l’avion pour rejoindre le rêve de ses pensées. Juste suivre ses envies, accepter que demain pourrait ne pas arriver. L’urgence de la situation, l’impatience qui bout, une rencontre au bout du monde, une ville inconnue, l’anonymat, la liberté. Vivre l’intensité, le secret.
Le temps devrait s’arrêter, comme il a su s’arrêter auparavant, au soleil, sur un bateau, dans le froid, devant une porte, assise sur le sol, j’attends indéfiniment et enfin, enfin y voir clair.

Les mots, seuls les mots m’intéressent et la chaleur d’une peau contre la mienne. Un petit-déjeuner si tôt, un œuf, un sourire. La radio m’éveille. Le jour se lève, première cigarette sur la balcon. Le froid, courte nuit, semblable à la précédente. Dehors, on s’écrit, ok? La nuit disparaît, les lampadaires s’éteignent, le tram arrive. Musique, pont, je suis emportée par le flot humain et la ville qui m’éveille.

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